Gynécologie

Échographie par voie vaginale : indications, déroulement et confort

L'échographie par voie vaginale offre des images bien plus précises qu'une échographie abdominale. Indications, déroulement, préparation et gestion du vaginisme : tout savoir.

Joséphine Busson

Sage-femme échographiste

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6 min de lecture

L’échographie par voie vaginale est l’examen de référence pour la grande majorité des bilans gynécologiques et pour nombre d’examens obstétricaux. Pourtant, elle reste méconnue et source d’appréhension pour beaucoup de patientes. Cet article vous explique pourquoi cette technique est souvent préférable à l’échographie abdominale, comment elle se déroule, comment s’y préparer, et comment les professionnels de santé accompagnent les femmes qui ressentent de l’anxiété ou souffrent de vaginisme.

Qu’est-ce que l’échographie par voie vaginale ?

L’échographie par voie vaginale — ou échographie transvaginale — est une technique d’imagerie médicale qui utilise des ultrasons émis par une sonde fine, introduite délicatement dans le vagin. Cette sonde, en forme de tige d’environ 2 à 3 cm de diamètre, est enduite d’un gel lubrifiant et couverte d’une protection à usage unique.

La proximité de la sonde avec les organes examinés — utérus, ovaires, trompes, col utérin — permet d’obtenir des images d’une netteté très supérieure à celles produites par une sonde abdominale, qui doit traverser la paroi du ventre et potentiellement une épaisseur de tissu graisseux pour atteindre les mêmes structures.

Pourquoi la voie vaginale plutôt que la voie abdominale ?

La voie sus-pubienne (abdominale) a ses avantages : elle est parfois plus adaptée pour une vue d’ensemble du pelvis ou pour examiner un fœtus au deuxième ou troisième trimestre. Mais elle présente des limites importantes en gynécologie et en début de grossesse.

La voie vaginale est préférable dans les situations suivantes :

  • Patiente mince ou avec une paroi abdominale épaisse : la qualité de l’image par voie abdominale est directement liée à l’épaisseur des tissus traversés. La voie vaginale contourne cet obstacle.
  • Examen en début de grossesse : avant 12 SA, l’utérus est encore un organe pelvien profond, difficile à visualiser correctement par voie abdominale.
  • Analyse fine de l’endomètre et des ovaires : les détails nécessaires pour diagnostiquer un polype, un fibrome sous-muqueux ou un kyste ovarien sont bien mieux visibles par voie endocavitaire.
  • Mesure du col de l’utérus : la cervicométrie (mesure de la longueur du col) ne peut se faire que par voie vaginale ; c’est l’examen de référence pour dépister le risque d’accouchement prématuré. Consultez la page dédiée à l’échographie du col.
  • Position particulière du fœtus ou patiente peu échogène : la voie vaginale permet de compléter les mesures impossibles à réaliser par voie abdominale.

Quand la voie vaginale est-elle indiquée ?

En gynécologie

  • Bilan d’une douleur pelvienne ou de règles douloureuses
  • Suspicion ou suivi d’une endométriose
  • Diagnostic et suivi de fibromes utérins ou de polypes endométriaux
  • Exploration d’un kyste ovarien ou de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
  • Bilan d’infertilité et suivi de la folliculométrie
  • Métrorragies (saignements en dehors des règles)
  • Bilan post-ménopausique de l’endomètre

En obstétrique

  • Datation précise de la grossesse au premier trimestre
  • Mesure de la clarté nucale et dépistage T21 (complément si nécessaire)
  • Dépistage et suivi du risque d’accouchement prématuré (cervicométrie)
  • Suspicion de grossesse extra-utérine (GEU)
  • Localisation du placenta (suspicion de placenta prævia)

Comment se déroule l’examen ?

L’examen se réalise en position gynécologique, allongée sur le dos avec les jambes légèrement fléchies et écartées, sur le fauteuil d’examen. Vous n’avez pas besoin d’avoir la vessie pleine — au contraire, une vessie vide améliore généralement la qualité des images.

La sonde est introduite délicatement par l’échographiste, qui la fait pivoter doucement pour visualiser les différentes structures anatomiques sous différents angles. L’examen dure généralement entre 10 et 20 minutes selon les indications.

L’examen est indolore dans la grande majorité des cas. La sonde est fine, l’introduction est lente et aucune pression forcée n’est exercée. Si vous ressentez une gêne ou une douleur, signalez-le immédiatement à la sage-femme échographiste, qui adaptera la technique.

Le consentement avant tout

Il est absolument fondamental de rappeler que le consentement éclairé de la patiente est systématiquement recueilli avant cet examen. L’échographiste explique pourquoi la voie vaginale est préconisée, quels bénéfices elle apporte par rapport à la voie abdominale, et comment elle se déroule. La voie vaginale n’est jamais imposée. Si vous ne souhaitez pas vous y soumettre, l’examen peut être réalisé par voie abdominale, avec la mention des éventuelles limitations que cela implique.

Comment se préparer ?

  • Pas besoin de remplir la vessie : contrairement à certaines échographies abdominales, vous n’avez pas à arriver avec la vessie pleine. Une vessie vide est même préférable pour la voie transvaginale.
  • Pas de préparation spécifique : vous pouvez manger et boire normalement avant l’examen.
  • Pas de crème ni d’huile sur l’abdomen : si l’examen comporte également une partie abdominale, évitez les crèmes grasses sur le ventre.
  • Apportez vos documents médicaux : comptes rendus d’échographies précédentes, résultats de bilans biologiques, ordonnance du médecin prescripteur.

Et si j’ai du vaginisme ou une forte appréhension ?

Le vaginisme est une contraction réflexe et involontaire des muscles du plancher pelvien qui rend l’introduction de quoi que ce soit dans le vagin douloureuse ou impossible. Il s’agit d’une condition médicale reconnue, et non d’une faiblesse ou d’un manque de volonté.

Face à une patiente qui signale un vaginisme ou une forte anxiété anticipatoire :

  • L’échographiste prend le temps d’expliquer et de rassurer avant de commencer
  • La sonde la plus fine disponible est utilisée
  • La patiente reste actrice de l’examen : elle peut à tout moment demander une pause ou interrompre l’examen
  • Si l’introduction est impossible ou trop douloureuse, l’examen est réalisé uniquement par voie abdominale, et une alternative (suivi gynécologique adapté, prise en charge du vaginisme) peut être discutée

Il n’y a aucune honte à signaler un vaginisme ou une appréhension. Le signaler permet au contraire à l’échographiste de mieux vous accompagner.

L’échographie vaginale est-elle dangereuse ?

Non. L’échographie par voie vaginale est un examen sûr et non invasif. Elle n’implique aucune radiation et n’est associée à aucun risque infectieux particulier, la sonde étant protégée par une gaine stérile à usage unique changée entre chaque patiente. Elle est sans danger pendant la grossesse, y compris au tout début. Pour en savoir plus sur la sécurité des ultrasons, lisez notre article L’échographie est-elle dangereuse pour le bébé ?.


Questions fréquentes

Dois-je avoir mes règles pour réaliser une échographie vaginale ?

Non. L’examen peut se faire à n’importe quel moment du cycle. Si vous avez vos règles, ce n’est pas un problème : la qualité de l’examen n’en est pas affectée, et l’échographiste est habituée à cette situation.

Peut-on réaliser une échographie vaginale pendant la grossesse ?

Oui, c’est tout à fait possible et sans danger pour le fœtus. La voie vaginale est souvent utilisée en début de grossesse pour améliorer la qualité des images et en cours de grossesse pour mesurer le col utérin.

L’examen est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Les échographies réalisées sur prescription médicale sont remboursées par l’Assurance maladie selon les tarifs en vigueur, quelle que soit la voie utilisée (abdominale ou vaginale).

Puis-je demander à faire l’examen uniquement par voie abdominale ?

Oui, absolument. La voie vaginale n’est jamais obligatoire. Si vous le refusez, l’examen sera réalisé par voie abdominale. L’échographiste vous indiquera, le cas échéant, quelles informations n’ont pas pu être obtenues et si un complément d’examen est nécessaire.

La voie vaginale est-elle utilisée pour la mesure du col ?

Oui, c’est même la seule voie permettant de mesurer le col de l’utérus avec fiabilité. La cervicométrie, indispensable pour surveiller un risque d’accouchement prématuré, se réalise systématiquement par voie vaginale.


Consultations à Boulogne-Billancourt

Au Centre d’Échographie du Château, 134 rue du Château, à Boulogne-Billancourt, Joséphine Busson, sage-femme échographiste diplômée d’état, réalise l’ensemble des échographies gynécologiques et obstétricales, par voie vaginale et abdominale, dans un cadre bienveillant et respectueux du consentement de chaque patiente.

Pour prendre rendez-vous, consultez Doctolib.

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